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Pierre-Jean CALMELS

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Pierre-Jean CALMELS
La dynastie des Calmels
En 1827-28, Pierre-Jean Calmels aide ses parents au service dans l'auberge familiale. Lieu d'échange d'anecdotes et de nouvelles. Un des clients sort de sa poche un de ses derniers achats, un couteau espagnol, "La Navaja". Pierre-jean l'aperçoit et en est fasciné ! C'est un vrai coup de foudre pour lui. Il faut qu'il arrive à transformer cet objet en couteau fermant. Il se rend alors chez son oncle Belmon qui est un des serruriers de la place. Ils réflechissent ensemble au moyen de créer ce nouveau couteau.En 1829 le couteau fermant à cran forcé est né !
Pierre-Jean Calmels, s'établit alors coutelier. Il était très jeune, 16 ans à peine, étant né en 1813, mais le Génie n'a pas d'âge. Travaillant durement, il allait alors presque immédiatement créer un couteau joignant l'élégance au fonctionnel, qui allait vite devenir célèbre et fonder une dynastie de couteliers qui ne le furent pas moins; celle-ci se perpétue encore de nos jours. Il maîtrisait parfaitement son art, qu'il allait transmettre à ses descendants.

Les premiers couteaux de Pierre-Jean Calmels, qui sont parvenus jusqu'à nous sont presque tous des modèles de luxe, montés en ivoire et ont déjà la "lame yatagan" qui caractérise depuis les couteaux de Laguiole. Ce sont de magnifiques pièces, ce qui motiva certainement leur conservation. Les modèles courants à manche de corne furent certainement les plus nombreux et sans doute été jetés après usure, leur simplicité n'ayant pas paru mériter de les garder. Certains de ces premiers couteaux, sans doute les plus anciens, sont à cran d'arrêt  "à mouche", petite protubérance cylindrique sur l'arrière du dos de la lame, engageant un trou correspondant de l'avant du ressort.... On soulève celui-ci pour la fermeture, par une traction sur un anneau porté par un mentonnet sur sa partie avant, afin de lui permettre de libérer la lame en dégageant cette "mouche". Ce système, peut-être emprunté aux "navajas" catalanes, dont il est classique, se rencontre toujours sur de nombreux couteaux de types et origines très divers.

Mais bientôt ce cran d'arrêt "à mouche" fut remplacé par un "cran forcé", sans doute inventé par Pierre-Jean Calmels, qui sera dès lors une des caractéristiques des couteaux de Laguiole. Ce "cran forcé" est une excroissance triangulaire sous l'avant du ressort, qui à l'ouverture engage un évidement correspondant du talon de la lame. *Ce n'est pas à proprement parler un "cran d'arrêt, il ne verrouille pas la lame, mais il rend plus ferme sa tenue une fois ouverte. Il cède ainsi à la pression de la main sur cette lame pour la fermeture, mais au prix d'un plus grand effort que le simple emboîtement carré du ressort sur le talon des couteaux fermants habituels. La forme du manche, dans les débuts, est déjà très fonctionnelle, légèrement renflée au milieu pour bien épouser la forme de la main qui l'étreint et allant ensuite en s'effilant, légèrement courbée.

Par la suite, cette forme évoquera souvent la silhouette d'une jambe (que l'on voudra féminine) lorsqu'apparaîtront vers la fin du siècle les modèles à trois pièces, lame, poinçon et tire-bouchon.

Elle rappellera alors celle des "Jambettes", couteaux bon marché à manche de bois et de fabrication très fruste, en usage depuis le Moyen-Age et remontant sans doute à l'époque Gallo-Romaine. Sur ces modèles de luxe montés en ivoire, on ajoutera souvent un tire-bouchon, qui confirme leur destination à une clientèle aisée, consommant du vin en bouteilles "cachetées", alors que le "vulgum pecus" le tirait à barrique. Ce tire-bouchon disparaîtra bientôt pour réapparaître plus tard, comme nous le verrons par la suite.

Vers 1840, Pierre-Jean Calmels ajoutera à ses couteaux, du moins à ceux de bonne qualité courante à manche de corne, un poinçon articulé sur le talon du manche, qui allait définitivement assurer leur succès auprès de la clientèle rurale. Il allait alors amener rapidement la disparition des "Capuchadous", du fait qu'il rendait les mêmes services sous un plus petit volume, étant pliant et facile à mettre en poche.

Ce poinçon en effet permettait de réparer les harnais "sur le terrain", de sortir les cailloux se glissant souvent sous les fers des animaux de trait et, au besoin, de percer les panses du bétail "météorisé". Cela faisant du Laguiole un outil universel couvrant tous les besoins du paysan, allait assurer son succès auprès de ceux-ci qui devaient l'adopter immédiatement, en place de tous les autres modèles.

Vers 1850, le Laguiole aura pris pratiquement sa forme définitive, par l'adjonction de "mitres" de laiton aux deux extrémités de son manche qu'elles renforcent. La mitre du talon, que traverse l'axe de pivotage du poinçon, aura souvent la forme d'une chaussure, accentuant la forme "jambe de femme".

Calmels, surnommé Bridoulet, suscite de nombreuses vocations locales : Joseph et Jean CAYLA, Henri et Jules RASCALOU, Jean-François GLAIZE, Joseph et Berthe PAGES, les MAS, les CURE, etc.… ils ont été une trentaine. Beaucoup d’entre eux tenaient boutique Rue du Valat. Le crépi garde trace de quelques enseignes.




 

   
   
   
   
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